« Mesdames et Messieurs nous franchissons actuellement une zone de turbulences… »

« Mesdames et Messieurs nous franchissons actuellement une zone de turbulences… »

Pour s’évader, en vacances où même lors d’un voyage d’affaire, nombreux sont ceux qui prennent l’avion. A priori sans risque majeur, excepté les zones de turbulences durant le vol. Mais l’important c’est d’arriver à destination. 

 L’accompagnement d’un projet s’apparente à un voyage. Attention à la fermeture des portes, nous allons procéder au décollage.

            Petit retour en arrière sur l’origine du voyage. Le comité de pilotage  se réunit et décide de la destination souhaitée. Souvent elle se nomme mission X, vision Y, objectif Z … l’essentiel étant un point de chute commun à tout ceux qui se lancent dans cette aventure.

             Avec nos co-équipiers, nous préparons ce projet de voyage en suivant 4 paramètres : le pour quoi ? (Quelle est l’intention du voyage : une visite, une découverte, etc.) le qui ? (Qui sont les acteurs, les parties prenantes au projet) le quand ? (Dates des rencontres, flux du voyage), le où ? (Lieu du séjour).

            Une fois écrit la feuille de route, il est temps de se rendre à l’aéroport. Le taxi nous y dépose. Nous cherchons le desk pour enregistrer les bagages. Nous  nous égarons dans le dédale des couloirs, cela fait partie des zones d’incertitudes inhérentes à tout début de projet.

              L’hôtesse nous esquisse un sourire. Quelle joie d’être accompagnés par un personnel naviguant qui ne prend pas part à notre voyage mais pose le cadre de la réussite de celui-ci.  On s’immerge enfin dans notre voyage, en lisant toutes les documentations possibles sur  le pays de destination. Nous en faisons ressortir les caractéristiques, les envies, les volontés de faire telle ou telle chose.  On caresse le rêve du doigt.

             Plus que quelques pas et nous  rejoignons notre siège.  Verrouillage des portes, la ceinture est bouclée et c’est parti. Seulement voilà. Après quelques miles à bonne vitesse de croisière,  il y a des turbulences. Ces instabilités nous rendent fébriles. Tout est remis en question. Et si l’avion crashait ? Et si finalement nous devions atterrir par anticipation faute de fioul nécessaire ?  C’est alors que tout s’enchaîne dans notre tête. Tout est remis en question. Nous ne savons plus, nous ne voulons plus, nous sommes perdus. Ne pas contrôler ce qui nous arrive nous met hors de nous. Et c’est normal. Les changements dans la vie ne sont pas faciles à accepter et à vivre. Il faut apprivoiser et se laisser apprivoiser par un nouveau regard, une nouvelle perception, une nouvelle idée, une nouvelle direction…

         Fermons alors les yeux, prenons un temps pour inspirer. Se mettre en réflexion, accueillir le nouveau comme on accueille un voyageur venu d’ailleurs, ou tout simplement, lire un magasine ou regarder l’écran  face à nous. Faire le vide en nous. Pour un projet, c’est le temps de prendre le temps nécessaire pour imaginer d’autres solutions. Robinson Crusoé a bien réussi à survivre et à atteindre la plage, alors pour nous il pourrait en être de même.

         L’ équipe se met à imaginer  comment, dans ce contexte, s’en sortir et mener à bien le projet : nous aurions, selon certains, l’obligation de construire un radeau pour y mettre tous les voyageurs et les membres de l’équipage, pour moi ce serait imaginer un bateau gonflable, d’autres encore se voient déjà sur la plage à réfléchir comment survivre : chasser à l’aide d’outils issus de la récupération du crash  pour se nourrir…

             Après un certains temps, la raison revient. Nous acceptons ce qui se passe car nous avons confiance en nous, en notre projet : nous arriverons à destination.  Les zones de turbulence font partie du voyage. C’est bon pour nous, bon pour les autres, bon pour le voyage, bon pour le projet.  Elles permettent de re-questionner nos certitudes, nos habitudes, d’apprivoiser nos peurs,  d’accepter le lâcher-prise pour faire émerger un  nouveau paysage.

            Et finalement, après acceptation du changement, de l’évolution, quel bonheur de se dire que l’atterrissage est proche, et que tous ensemble on se dirige vers le même point de chute.

            Nous pouvons décrocher notre ceinture. L’atterrissage s’est fait sans heurt.  L’équipe converge vers une solution commune, une chambre d’hôte commune. Elle va continuer à créer du lien avec d’autres voyageurs,  de nouveaux habitants qui viennent apporter un regard neuf et différent : la feuille de route ne pourra que s’enrichir. Bien sûr il y aura des arrêts sur les airs d’autoroute, il y aura des stops pour découvrir de nouveaux paysages. Mais finalement, nous continuerons à avancer avec envie et plaisir vers une destination qui nous tient à cœur.

            Attention mesdames et messieurs vous avez le syndrome du voyageur : une fois que de tels périples s’engagent, il est difficile de s’arrêter.

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