De l’animation à la facilitation

Souvent la question nous est posée lorsque nous accompagnons un collectif : animateurs ou facilitateurs ? Nous animons et facilitons régulièrement et, pour définir notre posture, tout dépend du contexte et de la finalité.

La grande différence se joue principalement sur le degré d’adaptabilité IN SITU au groupe.

En amont d’une journée de mobilisation, un déroulé est créé sur-mesure pour le groupe. En effet, via des entretiens dialogués avec les futurs participants et/ou un travail de préparation avec un comité de pilotage, la mobilisation est conçue en fonction de 5 paramètres (l’intention, le lien entre les personnes présentes, le « fameux » déroulé, le lieu, et la récolte). Le déroulé est créé pour qu’à la fin de la mobilisation, les personnes aient répondu à leurs propres besoins et attentes.

Dans l’idée, quand on FACILITE (en binôme* de facilitateurs chez ImFusio) auprès d’un groupe, le « sur-mesure » ne s’arrête pas là. Nous n’avons jamais facilité un collectif en suivant à la lettre le déroulé prévu. Ce qui fait d’ailleurs notre expertise c’est cette capacité à s’adapter dans l’instant pour accompagner le groupe, au plus près de ses besoins, attentes, préoccupations, afin de mobiliser les individus et le groupe en intelligence collective (IC). Le principe est de passer d’une collection d’intelligences à une connexion d’intelligences où les compétences de chacun-e sont mises à disposition du groupe pour un enrichissement mutuel.

Du côté du ou des commanditaire(s), cela nécessite d‘être à l’aise avec cette adaptation (et non improvisation  !), cette part d’incertitude, ce qui dénote une grande confiance et une réelle capacité à lâcher prise. On peut donc souligner le courage que cela requiert de se reposer à la fois sur des facilitateurs et sur un déroulé adaptatif. 

A contrario, quand on ANIME une journée, on exécute à la virgule près le fil des séquences en dépit de ce qui peut se passer in situ. Cela peut être dû à la taille du groupe (+ de 150 personnes) et à la logistique qui l’accompagne (configuration de la salle, contraintes de sécurité) qui ne nous permettent pas d’adapter le déroulé à la dynamique du groupe. Cela peut également être dû à la posture du ou des commanditaires dont le manque de visibilité/contrôle déstabilise. Néanmoins, le travail en amont reste le même, avec cette volonté de concevoir des déroulés qui permettront au collectif de faire émerger l’IC de façon fluide et naturelle. 

A noter que les intentions principales d’une mobilisation en IC sont de :

- Tirer profit de la richesse des savoirs, compétences, idées, expériences issues des participants du groupe (ce qui implique qu’une diversité des profils est la bienvenue !) pour trouver des idées/solutions si ce n’est innovantes, au moins bigrement pertinentes

- Passer de « participant » à « acteur » et créer ainsi de l’engagement dans une mise en oeuvre à venir.

 

Par conséquent, alors que l’animation va davantage faire participer un groupe en l’inscrivant dans un cadre prédéfini et immuable, la facilitation va poser un cadre davantage flexible pour permettre aux participants de co-créer le chemin qu’ils ont envie de parcourir ensemble.

 

Elise et l’intelligence collective ImFusienne.

 

*Ce binôme peut également être l’objet d’une co-facilitation avec une personne interne à l’organisation si cette dernière a l’expertise requise (grâce à des formations « Vice Versa » par exemple)

2 Commentaires

  1. Bonjour et merci pour cet article. Je partage volontiers cette distinction clarifiante, qui correspond à ma pratique.

    J’émets un bémol au sujet de l’improvisation: musicien de jazz à mes heures, l’improvisation est une création dans l’instant, mais qui n’est pas « sauvage ». Elle s’intègre dans le contexte, dans le moment et se veut en harmonie avec ce que le collectif est en train de créer. Raison pour laquelle je ne l’opposerais pas à « adaptation ».
    Plus sur l’improvisation dans un de me billets blog ici: http://projetscomplexes.blogspot.ch/2011/03/la-planification-23-de-limplanifiable.html

  2. Bonjour Philippe,

    Merci pour votre commentaire. :)
    Effectivement, dans le cadre musical que vous décrivez l’improvisation est une forme d’adaptation : celle d’un collectif de musiciens aguerris. Dans cet article, on se situe du point de vu d’un commanditaire dont la facilitation n’est pas l’expertise. Par conséquent, il peut percevoir cette adaptation comme une improvisation « non maitrisée » alors que cela fait partie intégrante de notre métier.

    Elise.

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